CENTRE DE L ECOUTE ET DU LANGAGE .Jean BRUYERE.

Mémoire d'Eléphant: Mathieu Vidard

Il s’appelait Véniamin, ce reporter russe vivait au début des années 20. Sans grand talent particulier, il sidérait néanmoins ses collègues journalistes qui ne le voyaient jamais prendre de note mais tout retenir.

Cet homme, Nicolas était doté de la mémoire la plus extraordinaire jamais décrite par les scientifiques. 

Véniamin était atteint d’hypermnésie : sa mémoire n’avait pas de limite. Il mémorisait tout ce qu’il vivait, chaque élément du quotidien, chaque anecdote. Il pouvait se souvenir des moindres détails d’une rencontre, même après des années, en restituant chaque propos entendus, chaque vêtement porté ou chaque objet du décor. Une mémoire absolue, totale. Son cas étudié par les neurologues défiait l’entendement.    

Et comment cet homme a pu retenir autant de choses ? 

Les chercheurs se sont aperçus que sa mémoire colossale était liée à la synesthésie ; un phénomène neurologique qui associe plusieurs sens. Lorsque Véniamin entendait un son ou un mot il l’associait systématiquement à une image, à une forme ou à une couleur. Cet homme s’est construit au fil du temps une sorte de théâtre intérieur d’une telle précision que sa mémoire est devenue indélébile. Un don extraordinaire mais aussi un véritable enfer. Car son cerveau envahi par l’accumulation d’informations l’a rendu totalement inadapté au monde qui l’entourait. Véniamin n’aura de cesse que de mettre au point des techniques pour apprendre… à oublier ! 

Mais ce cas à part fait écho aux travaux qui sont menés aujourd’hui sur les techniques de mémorisation les plus efficaces.

Et que nous disent ces travaux ?  

Et bien que c’est le fait de parler à haute voix qui garantit la meilleure façon de mémoriser une information. Ce sont des chercheurs de l’Université de Waterloo qui viennent de révéler cette façon optimale de consolider sa mémoire.

Enoncer à haute voix permet en effet de faire appel à un double processus : à la fois visuel et auditif  avec la lecture et le son de la voix. Ces deux modalités permettent de renforcer ce que l’on doit retenir pour mieux le garder en tête. 

Selon le neurologue Bernard Croisile, il y a deux autres règles à respecter pour bien mémoriser une information. 

La première c’est le sommeil qui permet de renforcer ce qu’on a appris. C’est génial car pendant que vous ronflez, le cerveau travaille pour vous en réactivant les circuits neuronaux impliqué dans la mémoire. 

Et puis la seconde règle c’est la répétition. En apprenant un nouveau cours un étudiant n’en retient le lendemain que 25%. Mais en réapprenant ce cours il y ajoute 25% de mémoire en plus. D’où l’intérêt d’empiler les couches sur le gâteau de la mémoire en répétant les informations.

Les enjeux sur la mémoire sont très importants. Et des scientifiques militent d’ailleurs pour que le premier cours à l’école ou à l’Université soit donné aux élèves sur le fonctionnement du cerveau et sur la mémorisation. 

De quoi peut-être un jour permettre à l’un d’entre eux de  développer une mémoire sans limite comme le russe Véniamin. 

 

 

 

Mathieu Vidard

L’édito Carré.

 



13/12/2017
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 5 autres membres