CENTRE DE L ECOUTE ET DU LANGAGE

L'intégration des Langues Vivantes

L’intégration des Langues vivantes

 

 

 

 

 

Les Allemands
n’entendent pas comme les Français qui eux-mêmes n’ont pas la même oreille que
les Italiens…À chaque région du globe, à chaque pays, correspondent divers
types d’audition.

 

Parler une langue, c’est donc tout
d’abord adapter sa propre écoute aux fréquences acoustiques de cette langue. Ce
n’est pas toujours réalisable :il convient alors de conditionner
l’oreille. Le professeur Tomatis  a
inventé et mis au point un appareil précieux : l’oreille électronique.

Cet appareil est utilisé par certains
laboratoires de langue avec beaucoup de succès.

 

 

 

 

 

 

Dans un laboratoire parisien, un sujet
britannique achève d’enregistrer quelques textes dans sa langue
natale. « Maintenant, lui dit l’opérateur lorsqu’il repose le micro,
vous allez pouvoir vous entendre. Je vais vous placer ces écouteurs sur la
tête. »

L’homme se laisse faire de bonne
grâce. L’enregistrement commence de se dérouler.

Stupéfaction ! Notre Anglais est
incapable de comprendre les phrases qu’il a prononcé quelques minutes
auparavant !

 

Que s’est-il passé ? Une chose très
simple. L’expérience avait lieu voilà quelques années dans les laboratoires du
Pr Tomatis. Grâce aux écouteurs reliés à une oreille électronique, l’opérateur
avait tout bonnement donné au sujet une audition qui n’était plus la sienne. En
conséquence, le sujet était devenu sourd à son propre discours.

Cette anecdote est riche
d’enseignements. Mieux, elle doit bouleverser des idées reçues chez ceux qui
l’entendent pour la première fois.

 

On aurait pu croire en effet que les
hommes entendaient tous de la même manière quel que soit leur pays d’origine.
Les travaux du professeur Tomatis imposent une révision urgente de cette
conception. D’après ces travaux, il s’avère en effet qu’il existe, selon
les régions du globe, différents types d’audition.

Différentes « oreilles » qui
en gros correspondent d’ailleurs aux différentes langues.

 

Chacune de celles-ci se caractérise par
une bande de sélectivité, ou bande passante particulière. L’oreille
française par exemple, dispose d’une sélectivité située entre 1000 et 2000
hertz, alors que l’oreille italienne inscrit la sienne entre 2000 et 4000
hertz. La bande passante des Allemands est très large : elle part des
graves et s’échelonne jusqu’à 3000 hertz. Celle des Russes l’est plus encore
puisqu’elle va des sons les plus graves aux plus aigus.

 

 

 

Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait une
relation entre audition et la langue.

Comme Tomatis l’avait démontré
antérieurement, la voix ne contient que ce que l’oreille entend. « On
parle avec son oreille »

En fait, il ne faut même pas
s’étonner qu’il existe à travers le monde différents types de réceptivité aux
messages sonores.

Expliquerait-on autrement, écrit
René La Borderie, spécialiste de la pédagogie des langues
vivantes, que les méridionaux à l’accent chantant soient plus disposés que
d’autres à l’acquisition de la langue italienne ? Expliquerait-on
autrement que l’opéra soit né en Italie et que l’Italien soit la seule langue
qui convienne parfaitement au chant lyrique.

 

 

Il y a bien des façons d’expliquer ces
phénomènes. Le moins contestable est sans doute d’invoquer l’influence du
milieu ambiant, notamment des conditions climatiques.

C’est l’impédance du lieu qui détermine
la posture et l’adaptation de l’oreille.

La multiplicité des idiomes est liée au
fait que l’impédance changeant avec lieu, la réceptivité se transforme et
par la suite, une même langue se modifie.

C’est pourquoi les tentatives du type
espéranto recouvrent un espoir purement mythique :une langue unique
variera toujours en fonction des lieux dans lesquels on se trouvera.

Ainsi l’Américain
nasonne, contrairement à l’Anglais, à l’Italien ou à l’Allemand.

Mais lorsqu’un Anglais, un Italien ou un
Allemand s’installe aux Etats-Unis, il se met bientôt à nasonner comme
l’Indien qui était le premier occupant du pays. Toute langue parlée aux
Etats-Unis va s’infléchir vers la résonance de l’endroit qui est très riche en
1500 hertz. On peut noter au passage que l’Anglais qui est parlé sur le continent
américain est bien mieux perçu par l’oreille française que le pur Anglais
d’Oxford. C’est dire qu’il existe, de ce seul point de vue (sans rapport
avec la grammaire ni le vocabulaire) des affinités plus ou moins grandes entre
les langues. Un Français par exemple  apprendra plus facilement l’Espagnol
que l’Anglais.

 

 

Parler une langue, c’est d’abord
adapter sa propre écoute aux fréquences acoustiques de cette langue. Ainsi
, « le don des langues » n’est pas tant le don de ne les parler
que celui de les entendre ! On a constaté depuis longtemps que les Slaves
en règle générale  témoignaient d’une véritable virtuosité dans
l’apprentissage d’idiomes étrangers. Beaucoup parlaient couramment plusieurs
langues. L’explication est simple. Leur audition est caractérisée par une
sélectivité si accueillante qu’elle peut inclure sans difficulté les bandes
passantes des autres langues.

 

 

Au contraire, l’impossibilité de
reproduire efficacement une langue étrangère n’est qu’une forme de surdité.
Devant une information sonore inaccoutumée, explique encore Tomatis
, l’oreille change du tout au tout pour prendre une autre posture bien
définie, différente en tout point de celle dans laquelle la langue
maternelle l’a fixée. Il se peut bien qu’elle ne soit pas capable d’accomplir
ce travail d’accommodation.

 

 

Fort heureusement, tout n’est pas
perdu dans ce cas. Par certains procédés, on peut venir au secours de
l’oreille défaillante, la conditionner afin de créer artificiellement
cette réceptivité qui lui fait défaut. En modifiant l’audition du
sujet, en lui apprenant à écouter d’une autre façon que celle qu’il est
habitué d’utiliser par sa langue maternelle, on déclenche une autre façon
de parler, un autre mode d’expression caractéristique de la langue à
étudier. Cet effet audio vocal entraîne des modifications portant sur le
timbre, sur l’organisation de l’appareil phonatoire, sur l’usage des
cavités résonnantielles  laryngées sus et
sous-jacentes, sur le tonus laryngé, sur la respiration, sur la
mimique, autant de modifications qui réagissent en chaîne par allumage
réflexe s’étendant de proche en proche sur toute la morphologie du sujet.

 

Cette modification peut être réalisée
grâce à un appareil inventé et mis au point par Alfred Tomatis :l’oreille
électronique.

Cet appareil permet de resserrer ou
d’étaler à volonté la bande passante.

On peut ainsi donner à un sujet
l’oreille anglaise, l’oreille espagnole, l’oreille suédoise etc.

 

 

Le principal intérêt de cette
méthode, c’est qu’elle n’aide pas seulement à l’apprentissage, mais
conduit à une véritable intégration des langues vivantes. Pour parler, il
ne s’agit pas seulement de reproduire la lettre d’une langue, il faut en
restituer l’esprit. L’oreille électronique permet cette assimilation en
profondeur. La preuve :le sujet qui a fait quelques études en anglais et à
qui l’on impose l’oreille anglaise a naturellement tendance à utiliser les
règles de la grammaire anglaise, sans effort intellectuel de sa part.

 

 

C’est toute la structure de la langue
qui s’installe d’un coup. Mieux, La psychologie elle-même du sujet est
affectée. Son comportement subit des modifications.

Qu’on place un Français sur oreille
électronique et qu’on lui demande de tracer un trait sur fréquence
française, il tracera un trait horizontal, sous fréquence espagnole, un
trait descendant, tous ces tracés étant en rapport direct avec la courbe
des fréquences.

 

 

Autre constatation : toute personne
à qui l’on donne électroniquement une autre réceptivité acoustique que la
sienne se met immédiatement à changer de posture. Sous oreille allemande par
exemple, on la voit se redresser, pousser avec la gorge, parler
plus fort et se tenir absolument droite, perpendiculairement à l’axe de
poussée du son. C’est dire l’influence du langage sur les conduites.

 

 

 

Dans l’assimilation d’un
idiome, c’est donc tout l’être entier qui est en question. Nous voilà loin
de l’indigeste absorption de listes de vocabulaire avec quoi se confondit la
quasi-totalité de nos études en langues vivantes, lorsque nous étions à
l’école.

 

En vérité , il y a de nombreuses
années déjà qu’en cette matière, la pédagogie traditionnelle était contestée.
De cette constatation naquirent les laboratoires de langue, qui se mirent
bientôt à proliférer. En marge de l’école ou de l’université, on assista à
un florilège de systèmes audiovisuels. Des méthodes miracles, s’il fallait
en croire la publicité. Hélas ! Cette grandeur fut bientôt suivie de
décadence. De nombreux laboratoires partirent à l’abandon. Pourquoi ?
C’est que, dans la plupart des cas, la contestation portait davantage sur la
forme que sur le fond. Trop souvent, les fameuses méthodes dites
audiovisuelles n’étaient que la transposition des vieilles recettes
pédagogiques. Beaucoup de ces systèmes ne reposaient sur aucune base
scientifique, et en particulier, ils ignoraient le point de départ de
tout apprentissage :la relation entre l’oreille et la bouche, la
relation entre l’audition et la phonation.

 

 

Indubitablement, les méthodes
employées par les laboratoires de langues constituent à ce jour le meilleur
moyen d’assimiler un idiome. Mais cette assimilation elle-même dépend
directement de la façon dont a été préalablement conditionné l’appareil
auditif.

Toute
l’ingéniosité mise au service de la pédagogie ne servira à rien si la porte
d’entrée c’est-à-dire l’oreille reste fermée 
au message linguistique. Il faut tout d’abord s’assurer que la porte est
parfaitement ouverte, que l’audition est prête à recevoir les sons
particuliers de la langue qu’elle doit assimiler. Sans cela, les efforts
seront vains.

C’est ici que l’oreille électronique
entre en scène. Grâce à sa collaboration, les laboratoires vont pouvoir en
effet atteindre pleinement leur but, réduisant à presque rien le nombre de
leurs échecs.

 

Il faut bien préciser qu’il s’agit là
d’une technique d’appoint. L’appareil lui-même ne fait que prédisposer
l’étudiant. Il ne le dispense en aucune manière d’apprendre la grammaire et le
vocabulaire de la langue qu’il désire parler. En revanche en le plaçant
psychologiquement dans une sorte de complicité avec l’objet de son
étude, il lui fournit les motivations indispensables à son succès.

On n’apprend rien, et surtout pas
une langue étrangère, sans mettre à contribution tout un système à la fois
conscient et inconscient de désirs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



02/08/2011
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